Coupe menstruelle

Coupe menstruelle : passage à l’acte !

La coupe menstruelle, une alternative écologique et économique pour l’hygiène féminine

Vous en avez forcément entendu parler, la coupe menstruelle est très tendance ces derniers temps. Ce petit objet en forme d’entonnoir bouché, généralement en silicone, est ce qui se fait de plus sain aujourd’hui en matière de protection périodique. On découvre ici quels sont ses atouts majeurs.

 

Une protection saine pour l’hygiène intime

Savez-vous quelle est la composition exacte des tampons et serviettes hygiéniques vendus dans le commerce ? Si oui, vous seriez bien l’un(e)s des seuls. Malgré les pétitions qui ont couru et les promesses tenues à ce propos, les grandes marques n’ont toujours pas affiché la liste des produits utilisés dans la fabrication des protections périodiques sur leurs emballages.

 

Le cas des tampons

Si on creuse un peu on trouve que les fibres hyper-absorbantes des tampons sont en viscose, obtenue artificiellement à partir de pâte de cellulose des arbres. Jusqu’ici tout va bien. Seulement pour paraitre tout joli, ces mêmes tampons sont blanchis au chlore. Or il se produit une réaction amusante lorsque vous mélangez chlore et viscose : cela produit de la dioxine, une substance toxique considérée par OMS (Organisation Mondiale de la Santé) comme cancérigène. Les fabricants rétorqueront qu’il s’agit de traces à peine décelables, mais on parle quand même de mettre en contact des muqueuses intra-utérines avec une substance poison durant plusieurs jours par mois. A bon entendeur…

La viscose a également d’autres défauts. Trop absorbante, elle retient certes le sang des règles mais également une partie de la flore bactérienne sensée protéger l’appareil génital féminin des germes pathogènes. S’ensuivent sécheresses vaginales, mycoses, irritations ou, dans les cas extrêmes, syndromes de choc toxiques. En outre, ses fibres seraient abrasives et pourraient causer de micro-coupures dans la muqueuse vaginale.

D’autres produits peu ragoutants entre encore dans la composition des tampons : polyéthylène, polypropylène ou polyester, issus de la pétrochimie, par exemple…

 

Mystérieuses serviettes hygiéniques

Les serviettes hygiéniques ne sont pas en reste. Les plastiques et polymères de synthèse les composent essentiellement, surtout pour obtenir des protections ultra-fines. Cela les rend certes imperméables mais favorisent aussi la macération et la prolifération bactérienne. D’où des odeurs pas très agréables, voire à nouveau des mycoses, irritations ou démangeaisons, tout le cocktail !

Pour la macération les fabricants n’ont pas encore trouvé la parade, par contre pour les odeurs c’est facile ! On n’a qu’à asperger le tout avec des parfums de synthèse ou… des conservateurs, tiens, pourquoi pas ? Vous savez, vous ? Moi je ne sais pas puisque personne ne sait puisque c’est secret défense…

Et puis pour le design on rajoutera ici et là des p’tites touches de bleus juste à l’entrée du vagin. On a le droit les colorants dans nos produits, chef ? T’inquiète, on peut y aller, y’a pas de contrôle de toute façon…

 

Et la coupe menstruelle alors ?

Ben la coupe, pour l’hygiène intime, elle a tout bon.

Elle est généralement en silicone, matière validée par le corps médical qui compose notamment les implants mammaires. Hypoallergénique, le silicone ne coupe pas, ne s’effrite pas, n’est pas poreux. C’est une matière souple, qui plie mais ne casse pas et reprend instantanément la forme dans laquelle elle a été moulée.

La forme de la coupe menstruelle permet de recueillir le sang des règles sans l’absorber. La flore intime reste intacte, il n’y a ni odeurs indésirables ni risque d’infections.

Elle demande par contre un minimum d’entretien : se laver les mains avant de l’insérer ou de l’enlever, la rincer soigneusement, la stériliser entre deux cycles sont les bases d’une hygiène parfaite.

 

Une protection douce pour la Nature

Vous l’aurez compris, serviettes et tampons du commerce sont rarement biodégradables. Et les plastiques et autres agents de synthèse utilisés dans leur fabrication ont un coût certain pour l’environnement.

Par curiosité, combien de protections périodiques pensez-vous qu’une femme utilise tout au long de sa vie ?

Je fais pour vous un calcul volontairement sous-estimé : mettons que notre Miss a eu ses règles de 13 à 55 ans. Qu’elle a eu 2 enfants qu’elle a allaités ce qui lui donne à peu près deux années sans menstruation sur cette période. On a donc 40 ans tout rond de protections périodiques à couvrir. A raison de 13 cycles par an et 20 protections par cycle (Miss a eu la chance d’avoir des règles assez peu abondantes), ça nous fait un total de… 10400 serviettes ou tampons utilisés. Quand même…

10400 produits qui ont été fabriqués à grand renfort d’eau, de chlore, de polymères, de chimies diverses et variées… 10400 produits qui ont été incinérés ou enfouis pour les faire disparaitre. Ça fait une sacrée décharge !

10400 produits… par femme !

Et en face on a quoi ? Une coupe menstruelle dont la durée de vie est évaluée à minimum 10 ans. On en utiliserait donc 4 dans une vie…

Certes, le silicone est lui-même un produit artificiel qui doit bien utiliser certaines ressources pour être fabriqué. Et je regrette également qu’il ne soit pas recyclable (en tout cas pas encore). Mais 4 contre 10400 ? Ça se passe de commentaire, non ?

 

Un investissement rentable

Bon, dernier point et pas de moindre, la coupe est absolument économique. Son coût varie de 15 à 30€ selon les marques et les modèles. Un investissement largement amorti dans le temps car elle est réutilisable pendant 10 années.

Pour vous le prouver, reprenons l’exemple précédent. Miss a besoin de 20×13 protections par an soit 260.

La boite de tampons la moins chère que j’ai trouvé est au prix de 1,64€ pour 24 articles. Par an, Miss aura dépensé 17,76€.

Le paquet de serviettes hygiéniques le moins cher de cette même marque distributeur coûte 1,27€ avec 20 protections. Voilà 16,51€ pour l’année.

On voit bien que même en prenant des protections périodiques low cost, la coupe menstruelle est amortie en maxi 2 ans.

Tirelire cochon par Fabian Blank on UnsplashFabian Blank

 

Des habitudes tenaces

La coupe menstruelle est quand même un drôle d’objet, un extra-terrestre dans notre société aseptisée. A l’inverse de notre traditionnelle pudibonderie envers les règles qui nous enjoint de les cacher, de les faire oublier, la coupe récolte et montre ce flux naturel. Un peu déstabilisant quand on n’y a pas été préparée.

Surtout elle demande une certaine connaissance de son corps, un apprentissage qui n’est pas encore assez enseigné aux jeunes générations. En cela je dirais même qu’elle a un rôle pédagogique, presque féministe.

Viennent ensuite les soucis pratiques. La coupe menstruelle n’est pas aussi simple d’utilisation qu’une serviette hygiénique ou qu’un  tampon (quoique la première fois qu’on doit mettre un tampon, rappelez-vous…) C’est un animal qu’il faut apprivoiser, cela demande un peu de persévérance. On ne réussit pas forcément à bien l’insérer les premières fois. On hésite, on se pose des questions. Il y a des ratés… Et puis on finit par comprendre puis maitriser ce mécanisme, et puis on n’y pense plus, c’est un automatisme.

Cet article n’a pas pour propos d’enseigner comment utiliser une coupe. Pour cela je vous envoie sur le site de la coupe menstruelle qui répondra avec brio à toutes vos questions. Par contre j’espère qu’il vous aura fait réfléchir sur ce geste presque anodin qui consiste à acheter des protections périodiques jetables comme si ça allait de soi. Et si la coupe ne vous séduit pas (encore), sachez qu’il existe d’autres façons de consommer de la protection périodique :  serviettes lavables, tampons et serviettes bio, non blanchis, biodégradables… Faites désormais un choix éclairé !

Auteur de l’article : Virginie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.